Qu'est-ce qu'une maladie auto-immune?
Le système immunitaire* défend notre corps contre les infections et les cellules cancéreuses. Les maladies auto-immunes sont dues à une trop grande activité de notre système immunitaire, qui devient progressivement, le pire ennemi de notre organisme en attaquant notre propre corps.
* Le système immunitaire est un ensemble de protéines (anticorps produits par l'organisme ) servant
à détruire les pathogènes comme les virus, bactéries, champignons, parasites ainsi que certaines
particules ou molécules étrangères à notre corps (agents chimiques, facteurs climatiques,
mécaniques) dont il ne se sert pas.
Malgré leur prévalence, peu de personnes peuvent citer un seul nom de maladie auto-immune et des douleurs et des
souffrances causées par ces maladies invalidantes.
Quelques maladies auto-immunes

La sclérose en plaques touche environ 1 personne sur 1000 et elle atteint généralement les personnes
âgées de 15 ans à 40 ans. On estime au Canada que quelque 55 000 à 75 000 personnes
vivent avec cette maladie (SP). Le Canada comparativement aux autres pays du monde possède l'un des plus hauts taux de
cas de sclérose en plaques.
Chaque jour, trois nouveaux cas de sclérose en plaques sont diagnostiqués au Canada. Les femmes sont trois fois plus à risque que les hommes.
Cette maladie inflammatoire du système nerveux central (SNC) attaque en particulier le cerveau, les nerfs optiques et la
moelle épinière.
L'organisme humain se compose de plusieurs systèmes, dont le système immunitaire qui lui permet de combattre et de lutter contre les agressions de certaines formes d'agents infectieux. La sclérose en plaques serait une maladie auto-immune, c'est-à-dire qu’elle endommage et détruit en partie la gaine de myéline qui entoure les prolongements des cellules nerveuses (les nerfs). Elle altère la transmission des influx nerveux. Les chercheurs considèrent la sclérose en plaques comme une maladie auto-immune neurologique chronique.
La sclérose en plaques n'est pas une maladie contagieuse : elle ne peut pas se transmettre par un malade à différentes personnes de son entourage.
Des dommages à une zone particulière du cerveau et une réduction conséquente du neurotransmetteur
noradrénaline sont associés à la sclérose en plaques (SEP), selon une étude
américaine publiée dans la revue Brain.
Les processus pathologiques de cette maladie auto-immune ne sont pas bien compris, mais un facteur important de sa progression est
l'infiltration de globules blancs, impliqués dans la défense immunitaire, à travers la barrière
hématoencéphalique.
Mécanisme d'action :

La gaine de myéline * qui entoure les prolongements des cellules nerveuses (les nerfs) est formée de cellules de
myéline qui entourent et protège entièrement le neurone. Elle joue un rôle très important dans la
transmission du signal nerveux. La maladie consiste en une dégénérescence de cette gaine qui
mène à la mort de la cellule (neurone).
La myéline * peut dégénérer par destruction auto-immune, c’est le cas de la sclérose
en plaque qui entraine des troubles de la vue, des problèmes d’équilibre et de coordination, des
sensations altérées, des anomalies dans l’articulation des mots, de la fatigue, des incontinences,
des troubles sexuels et des troubles cognitifs et affectifs. (1)
Cause de la maladie :
De manière générale, on pense que la SP serait probablement le résultat de facteurs héréditaires combinés à de nombreux facteurs de risque environnementaux ainsi qu’à des habitudes de vie. Malgré de nombreuses recherches, les causes de la sclérose en plaques ne sont toujours pas bien comprises. Les femmes sont atteintes plus souvent que les hommes (60 % versus 40 %). La maladie débute chez l’adulte jeune de 20 à 40 ans dans 70 % des cas.
Environnement :
Les facteurs environnementaux joueraient un rôle très important dans la genèse de la sclérose en plaques. Chez de vrais jumeaux au profil identique, on a constaté des facteurs qui pourraient déclencher la maladie. Pourtant, aucun élément issu de l’environnement, y compris viral, n’est aujourd’hui formellement identifié et le criblage du génome n’a pas encore permis de mettre en évidence une région précise associée à la susceptibilité de la maladie. (3)
Les infections :
Une infection par un virus tel que la rougeole, la mononucléose, la varicelle semblent précurseurs de la sclérose en plaques.
Situation géographiques :

La maladie est cinq fois plus fréquente dans les régions comme l’Amérique du Nord et l’Europe que sous les climats tropicaux et méridionaux. Elle est moins présente entre le 40° de latitude nord et le 40° de latitude sud. Plus on s'éloigne de l'équateur, plus la prévalence de la sclérose en plaques augmente.
Symptômes :

Parmi les symptômes les plus fréquents de la sclérose en plaques, on compte:
- Vision double, douleurs lorsqu’on bouge les yeux, mouvements oculaires involontaires
- Les spasmes des muscles fléchisseurs et extenseurs peuvent être très incommodants, en particulier la nuit; ils contribuent à la fatigue, puisqu’ils empêchent aussi bien la personne atteinte de SP que son conjoint ou sa conjointe de dormir!
- La spasticité peut par ailleurs poser des problèmes de locomotion et de posture (il est plus difficile de marcher et de s’assoir) et entraver les soins corporels et infirmiers prodigués aux personnes alitées.
- Douleurs brèves (neuropathique et musculosquelettique)
- Difficulté de contrôle des mouvements et de l'équilibre
- Difficultés cognitives et troubles émotionnels
- Asthénie (fatigue anormale)
- Troubles vésicaux (incontinence vésicale ou intestinale)
- Dysfonction érectile
- Tremblements
- Engourdissement
- Faiblesse dans un ou plusieurs muscles d’un membre
Les examens complémentaires :

1— L’imagerie par résonance magnétique (l’IRM) :
C'est la seule méthode qui montre les lésions dans le système nerveux central. L’incidence
encéphalique médullaire est anormale dans plus de 90 % des cas. L’IRM a révolutionné le
diagnostic de SEP, permettant de confirmer les critères diagnostiques de dissémination dans l’espace et dans
le temps des lésions. Elle n’est cependant pas du tout spécifique, c'est-à-dire que les signes
qu’elle montre peuvent être présents dans le cadre d’autres maladies (augmente le nombre de faux
positifs) . Une IRM normale n’élimine pas le diagnostic de la sclérose en plaques.
2— Étude du liquide céphalorachidien (LCR) après ponction lombaire :
L'examen cytologique et biochimique est recommandée pour éliminer l’hypothèse d’autres maladies
qui ont des symptômes en commun avec la SEP.
Les facteurs de risque de la maladie :
Les facteurs qu’on va citer sont tirés d’études ou les chercheurs ont établi des statistiques d’atteintes de la maladie tirée de l’observation des habitudes de vie de certaines populations. On ne peut donc les considérer que comme des hypothèses, le lien causal n’étant pas bien établi dans ce type d’études. Quoi qu’il en soit, les facteurs suivants semblent, selon ces études, être incriminés dans le déclenchement de la maladie :
- Le tabac
- La consommation excessive de gras animal. Par ailleurs, une étude de cas-témoins démontre que la consommation de protéines végétales et de fibres alimentaires aurait un effet protecteur
- Être en contact avec des animaux domestiques, notamment des oiseaux
- Être en contact avec des solvants chimiques (professions exposées)
- Le port d’amalgames dentaires au mercure a été incriminé dans la littérature comme un des facteurs de risques de la sclérose en plaques
- Risque suicidaire
Le risque de suicide est multiplié par 7 et demi chez les patients du SP par rapport à la population générale. D'où l'importance de l'accompagnement de ces personnes:
Formes de la maladie :
En général, on distingue 4 formes principales de sclérose en plaques, selon la façon dont la maladie évolue dans le temps.
- Forme rémittente (ou cyclique) :
cette forme est caractérisée par des poussées nettement définies, suivies de rétablissement partiel ou complet. Elle touche environ 75 % a 80 % des personnes atteintes de sclérose en plaques. Une poussée dure au moins 24 heures avec une récupération partielle ou complète après chaque poussée. - Forme progressive primaire :
Cette forme n'évolue pas par poussées. Il y a perte graduelle des fonctions physiques et cognitives. Elle est caractérisée par l’aggravation progressive des symptômes dès le début de la maladie. Elle se manifeste chez environ 10 % des sujets. - Forme progressive secondaire:
Cette forme de sclérose en plaques apparait à moins de 10 ans après l'apparition de la maladie et chez 50 % des cas. L’état du sujet n’est pas stable entre les poussées et s’altère progressivement. - La SEP progressive avec poussées :
La maladie est progressive dès le début avec des poussées bien spécifiques pour chaque individu.
Traitements :
Médicaments modificateurs de l'évolution de la sclérose en plaques.

1 - Avonex© - interféron bêta-1a :
Des patients atteints de sclérose en plaques de forme rémittente. Dans les essais cliniques, celle-ci
était caractérisée par deux poussées ou plus survenue au cours des trois années
précédentes sans évidence de progression régulière entre les poussées. Avonex exerce
ses effets en bloquant l’activité de certaines cellules immunitaires et en limitant leur passage dans le
système nerveux central.L' AVONEX ralentit la progression du handicap et diminue la fréquence des poussées.
Le traitement doit être interrompu chez les patients développant une forme progressive de SEP.
L'Avonex Pen : la seringue préremplie d'Avonex va sans doute être remplacée par l'Avonex Pen, maintenant approuvée par Santé Canada, et préférée par la majorité des patients suivant une étude
récente.

2 - Betaferon© - interféron bêta-1b
Agis de la même façon que Avonex. Le BETAFERON est un médicament à visée préventive des
poussées et de la progression du handicap. L’efficacité de ces spécialités est
relativement modeste : la fréquence des poussées est réduite de 30 % et la progression du handicap est
partiellement freinée à court terme. L’efficacité sur l’évolution à
long terme du handicap reste incertaine et les critères d’arrêt de traitement ne sont pas établis,
mais son profil de tolérance est acceptable. Le rapport efficacité/effets indésirables de cette
spécialité est important.(4)
3 - Extavia© - interféron bêta-1b
L’interféron bêta est une protéine produite naturellement dans l’organisme en réponse
à certains facteurs déclencheurs comme un virus. L’Extavia agit principalement sur la SP en inhibant
l’activité de certaines cellules immunitaires et en restreignant le passage de ces cellules dans le système
nerveux central où elles provoquent de l’inflammation et détériorent la myéline (gaine isolante des fibres nerveuses qui favorise le bon fonctionnement de ces dernières)

4 - Copaxone© - acétate de glatiramère
C'est une protéine synthétique fabriquée à partir de quatre acides aminés ressemblant sur le
plan chimique à un constituant de la myéline (gaine isolante qui protège les fibres nerveuses et favorise leur
bon fonctionnement). Copaxone induit la production de cellules immunitaires qui représentent un danger moindre pour la
myéline. Ce médicament contient une petite protéine qui module l'action du système immunitaire,
l'acétate de glatiramère. Des études chez des patients atteints de sclérose en plaques ont montré qu'il permet de diminuer le nombre de poussées. En revanche, il n'a pas été démontré que le traitement ait un effet bénéfique sur la durée ou la gravité des poussées, ni sur la progression éventuelle du handicap. Il est utilisé pour réduire la fréquence des poussées de sclérose en plaques chez les patients qui peuvent marcher seuls et ayant présenté au moins deux poussées de troubles neurologiques (rechutes) au cours des deux précédentes années.

5 - Rebif© - interféron bêta -1a
Ils interviennent dans les processus inflammatoires. En tant que médicament contre la SEP, les interférons influencent le système immunitaire de manière à ralentir l'évolution de la maladie. Des études cliniques ont démontré qu'il réduisait la force des poussées et leur nombre d’un tiers en moyenne.
Lévolution de la maladie peut également être ralentie. À l’ examen par résonance magnétique (IRM), on observe une diminution de l'étendue et du nombre de foyers inflammatoires.

6 - Tysabri© - natalizumab
C'est un anticorps monoclonal humanisé qui est actuellement indiqué en monothérapie (c'est-à-dire comme agent d'un traitement de fond utilisé seul) pour le traitement de la forme rémittente de la sclérose en plaques (SEP) afin d'en diminuer la fréquence des poussées cliniques, de réduire le nombre et le volume des
lésions cérébrales actives décelées aux examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) et de ralentir la progression de l'incapacité.
Tysabri se lie aux intégrines alpha 4 et empêche de ce fait les cellules T de pénétrer dans le
système nerveux central pour participer à la réaction inflammatoire et s’attaquer à la
myéline (gaine isolante qui protège les fibres nerveuses et favorise leur bon fonctionnement).
Ce médicament fait partie de la liste des 77 médicaments mis sous surveillance par l’Afssaps **
en février 2011. Important : Pour recevoir TYSABRI, vous devez en discuter avec votre médecin qui vous expliquera
les bienfaits et les risques de TYSABRI et vous devez consentir à recevoir le traitement avant de recevoir votre
première perfusion. Vous devez vous inscrire au Programme de soins TysabriMC. Après 24 mois de traitement, vous
devez discuter à nouveau avec votre médecin des risques et bienfaits du traitement par TYSABRI et consentir
à la poursuite du traitement.
** Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé
http://www.psychomedia.qc.ca/sclerose-en-plaques/2011-02-14/traitement-possible-noradrenaline

7- Gilenya© – fingolimod
C'est le premier médicament oral modificateur de l'évolution de la maladie mis au point pour le traitement
de la sclérose en plaques cyclique (avec poussées et rémissions, aussi appelées SP rémittente)
chez l'adulte, soit la forme la plus courante de la maladie.
Le Gilenya a été approuvé pour les personnes qui ont fait l’essai d’au moins un des autres
médicaments contre la SP, mais qui n’ont pas répondu au traitement ou qui ont eu une réaction
d’intolérance. Il est proposé en monothérapie dans les cas de sclérose en plaques de
forme cyclique pour réduire la fréquence des poussées et retarder la progression des incapacités
physiques. il favorise une rétention sélective et réversible de lymphocytes dans les ganglions lymphatiques,
et on croit qu'il joue un rôle dans la préservation de fonctions immunitaires clés.
Ce médicament se présente sous forme de comprimé et doit être pris tous les jours.
L’approbation de ce médicament par Santé Canada est fondée sur les résultats obtenus lors de
deux vastes études cliniques comparatives avec placébo, qui comportaient plus de 1 200 participants chacune.
Autres médicaments :

- Sativex© - delta-9-tétrahydrocannabinol
En 2010, Santé Canada a approuvé Sativex© [delta-9-tétrahydrocannabinol] 27 mg/ml (contenant l’extrait Tetrabinex© de plants de Cannabis ) en tant que médicament d’appoint dans le traitement de la spasticité chez les adultes atteints de sclérose en plaques. En 2005, Sativex© avait déjà été approuvé en tant que médicament d’appoint pour le traitement de la douleur neuropathique chez les adultes atteints de sclérose en plaques. - Les corticoïdes à fortes doses
permettent d’accélérer la récupération de la poussée. Ils sont prescrits en perfusion à la dose de 1 g par jour pendant 3 jours (méthylprednisolone). Ils n’ont pas d’effet sur la prévention à terme de nouvelle poussée
Les corticostéroïdes doivent être utilisés avec modération puisqu’à long terme, ils provoquent des effets secondaires importants

Traitement de la forme progressive de la maladie :
De nombreux médicaments sont employés dans les formes progressives, soit le cyclophosphamide, la ciclosporine, l’azathioprine (Imuran) et la mitoxantrone (Novantrone).
Novantrone :
Utilisation au Etats-Unis :
Approuvée par la Food and Drug Administration (organisme américain de contrôle des aliments et des
médicaments - FDA) En se basant sur les résultats obtenus lors de ces études, la FDA a approuvé
l’utilisation de Novantrone pour réduire les séquelles neurologiques ou la fréquence des
poussées cliniques chez les patients atteints de :
1. la forme progressive secondaire de SP (évolution de la forme cyclique vers une forme progressive, à un rythme variable) ;
2. la forme cyclique de SP (évolution caractérisée par une progression constante des incapacités, ponctuée de poussées) ;
3. la forme cyclique à évolution rapide (évolution caractérisée par des
poussées sans rémission complète entrainant une aggravation graduelle des incapacités).
Utilisation au Canada : Santé Canada n’a pas approuvé l’emploi de Novantrone pour le traitement
de la sclérose en plaques, mais ce médicament peut être utilisé à la discrétion du
médecin chez les personnes atteintes de SP progressive secondaire ou de SP cyclique à évolution rapide,
pratique appelée « utilisation non indiquée sur l'étiquette ».
Les personnes atteintes d’une forme progressive de SP peuvent aussi bénéficier de la prise en charge de
leurs symptômes, d’un programme de réadaptation et de bonnes habitudes de vie. Pour en apprendre davantage sur la forme progressive de la SP, veuillez consulter Vivre avec une forme progressive de sclérose en plaques, publication de la Société canadienne de la sclérose en plaques.
Consulter le document de la Société canadienne de la sclérose en plaques
⇒ mssociety.ca/fr/pdf/living-with-progr-MS-FR.pdf
Références :
(1) http://www.rendez-vous-wiki.com/wiki-neurophysiologie-et-anatomie-du-neurone
(2) http://www.commentguerir.com/maladies/sclerose-plaque
(3) Société canadienne de la sclérose en plaques
http://mssociety.ca/fr/informations/symptomes_mng_spasticity.htm
(4) Collège des enseignants de neurologie
http://www.cen-neurologie.fr/
(5) http://www.has-sante.fr/portail/upload/docs/application/pdf/2010-07/betaferon_-_ct-4317.pdf
(6) http://le-truc-en-plus.over-blog.com/ext/http://www.asepl.org/novantrone.htm



