INSTAURATION DU TRAITEMENT
1. ÉVALUATION DE LA PATIENTE Avant de prescrire des CO combinés, le professionnel de la santé doit procéder à une anamnèse exhaustive, y compris les contrindications potentielles, les antécédents quant au tabagisme et les médicaments. L’examen physique doit toujours comprendre la prise de la tension artérielle. Il n’est pas obligatoire de procéder à un examen
pelvien (bien que ce dernier constitue un aspect important des soins gynécologiques de dépistage) avant de
prescrire des CO combinés; cet examen peut être reporté à la prochaine consultation de suivi. Les
négociations visant l’exécution d’un examen pelvien peuvent s’avérer
particulièrement importantes auprès des adolescentes.
Aucun test de dépistage en laboratoire systématique n’est requis. L’évaluation du bilan lipoprotéinique (taux de cholestérol) et du métabolisme des glucides doit respecter les lignes directrices établies par le Groupe d’étude canadien sur l’examen médical périodique. Le dépistage systématique de la thrombophilie n’est pas recommandé 2. COUNSELING L’offre de services de
counseling adéquat avant l’instauration d’un traitement aux CO combinés peut contribuer à
l’amélioration de l’observance (utilisation régulière) et de l’adhérence
(maintien. Les services de counseling portant sur les CO combinés devraient comprendre ce qui suit :
- Des consignes sur la façon de prendre des CO combinés
- Des renseignements sur les effets indésirables potentiels
- Des renseignements sur les avantages des CO combinés qui ne sont pas liés à la contraception
- Une discussion sur les mythes et les malentendus courants
- Une discussion sur les risques et les signes d’alarme, y compris la détermination du moment où il est indiqué d’avoir recours à une aide médicale;
- Une discussion sur les mesures à prendre en cas d’oubli d’une pilule
- Des renseignements soulignant l’importance de la protection double (l’utilisation de CO combinés et de condoms afin de prévenir les ITS et l’infection au VIH)
- Des renseignements sur la contraception d’urgence à la suite de l’oubli d’une ou de plusieurs pilules.
Contraceptifs combinés
En l'absence de contrindications, l'utilisation de CO combiné peut
être envisagée par toute femme à la recherche d'un moyen de contraception fiable, réversible et indépendant du coït. Ils conviennent tout particulièrement aux femmes qui souhaitent profiter de leurs avantages n'étant pas liés à la contraception. L'utilisation de condoms est toujours recommandée aux utilisatrices de CO combiné aux fins de la protection contre les infections transmissibles sexuellement et l'infection au virus de l'immunodéficience humaine.
CONTRINDICATIONS
L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dressé la liste des contre-indications absolues et relatives en ce qui a trait au recours aux CO combiné, en fonction des données disponibles au sujet des risques.
CONTRINDICATIONS ABSOLUES
- Moins de 6 semaines à la suite d'un accouchement, si la patiente allaite
- Fumeuses de plus de 35 ans
- Hypertension (systolique = 160 mmHg ou diastolique = 100 mmHg)
- Antécédents de thrombo-embolie veineuse (TEV)
- Cardiopathie ischémique
- Antécédents d'accident vasculaire cérébral
- Cardiopathie valvulaire compliquée (hypertension pulmonaire, fibrillation auriculaire, antécédents d'endocardite infectieuse subaigüe)
- Migraine accompagnée de symptômes neurologiques en foyer
- Cancer du sein (en cours)
- Diabète accompagné de rétinopathie / néphropathie / neuropathie
- Grave cirrhose
- Tumeur hépatique (adénome ou hépatome)
CONTRINDICATIONS RELATIVES
- Fumeuses de plus de 35 ans (< 15 cigarettes par jour)
- Hypertension adéquatement maitrisée
- Hypertension (systolique : 140-159 mmHg, diastolique 90-99 mmHg)
- Migraine (chez les femmes de plus de 35 ans)
- Maladie vésiculaire en phase symptomatique
- Légère cirrhose
- Antécédents de cholestase associés à l'utilisation de CO combiné
- Utilisatrices de médicaments pouvant entraver le métabolisme des CO combiné
La pilule contraceptive
Des pilules contraceptives remises en cause !
Selon ces études, les pilules de troisième génération contenant un progestatif comme le drospirénone (Yasmin, Yaz), ou la cyprotérone (comme la Diane 35, souvent utilisée pour lutter contre les problèmes d'acné) pourraient accroitre le risque de thrombo embolie veineuse (TEV) si on les compare aux pilules contenant du lévonorgestrel. Sur le marché depuis 2001, cette hormone se trouve aussi dans le traitement pour femmes ménopausées Angeliq, un autre produit de Bayer. Des versions génériques de ces médicaments existent depuis peu aux États-Unis.
Recours collectif
La récente publicité entourant le recours collectif entrepris aux É-U. et au Canada en raison des complications associées aux pilules contraceptives contenant de la drospirénone a une fois de plus soulevé des questions quant à la possibilité que les taux de TEV soient plus élevés dans le cas des pilules contraceptives contenant de la drospirénone. Cependant, l’analyse critique des deux études responsables de cette publicité négative laisse entendre que leurs conclusions pourraient être attribuables à des vices de méthodologie et/ou à une interprétation erronée, soit une opinion partagée par la FDA (2).
Études prospectives
Deux études prospectives de grande qualité (études EURAS et INGENIX) incluant plus de 120,000 utilisatrices de contraceptifs oraux ne supportent pas l’hypothèse d’un risque accru significatif de TEV chez les utilisatrices de contraceptifs oraux contenant de la Drospirenone par rapport aux utilisatrices d’autres contraceptifs.
Société des obstétriciens-gynécologues du Canada
La SOGC (Société des obstétriciens-gynécologues du Canada) a émis
au mois de décembre 2010 une directive clinique analysée par le comité de pratique
clinique-gynécologie et approuvée par le comité exécutif et le Conseil de la
Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (2).
Elle conseille aux femmes de continuer d’utiliser leur contraceptif comme prescrit.
Signalements d'effets indésirables
Les contraceptifs Yasmin et Yaz ont été approuvés par Santé Canada respectivement en 2004 et en 2008. En date du 31 octobre 2010, Santé Canada avait reçu 178 signalements d'effets indésirables associés à Yasmin et 93 pour Yaz. Santé Canada a indiqué que «des enquêtes scientifiques supplémentaires sont nécessaires pour établir une relation de cause à effet.» (4)
L'opinion en France
La contraception estroprogestative orale de premier choix reste une association à base d'éthinylestradiol dosé à moins de 50 mmg par comprimé plus un progestatif bien éprouvé tel que le lévonorgestrel ou la noréthistérone. Plusieurs spécialités, parmi les plus anciennes, correspondent à ces critères de choix, avec l'avantage d'être remboursables à 65 % par la Sécurité sociale. ©Prescrire.(3)
(1)
Résumé de la première étude dans le British Medical Journal (en anglais)
Hormonal contraception and risk of venous thromboembolism: national follow-up study
/www.bmj.com
(2)
Directive clinique de la Société des obstétriciens-gynécologues du Canada
Société des obstétriciens
(3)
France: Vie femme.com
/www.viefemme.com
(4)
/www.cyberpresse.ca/



